lundi 24 août 2020

La transition vers les essais de pression à l'air : quoi, pourquoi et comment ?

Des grands bâtiments commerciaux aux Pays-Bas aux salles de bains modulaires au Danemark - les entrepreneurs et les installateurs de conduites dans toute l’Europe font la transition des essais de pression à l'eau aux essais à l’air. Découvrez pourquoi cette transition se fait et si cette tendance se poursuivra.

Pendant des décennies, les essais de pression à l’eau constituaient la méthode dominante pour détecter d'éventuelles fuites dans les systèmes de canalisation partout en Europe. Le point de vue général du secteur de la construction est que les essais de pression à l’air sont tout simplement trop dangereux, car les essais à pression trop élevée causent des accidents et des dommages matériels.

Toutefois et malgré cette opinion, nous constatons que de plus en plus d’entrepreneurs utilisent de l'air pour effectuer leurs essais de pression. Don Elworthy, Senior Contracts Manager chez Panks Engineers Ltd au Royaume-Uni, est l'une de ces personnes. Il prescrit des tests de pression à l’air pour la pose de conduites d’eau lors de la construction de tous leurs nouveaux bâtiments commerciaux.

« Jusqu’à il y a quelques années, il n’existait pas beaucoup de lignes directrices pour les tests de pression à l’air et les gens utilisaient une pression allant jusqu’à 12 bars », explique Don. « C'était tout simplement trop dangereux et c’est pourquoi il y avait des accidents. La vérité est qu’avec des employés bien formés, qui respectent les directives de la déclaration de méthode, il est désormais possible d'effectuer des essais de pression à l'air avec précision et en toute sécurité ».


Contrôle de qualité dans la production

Modulbad, une entreprise de salles de bains préfabriquées au Danemark, utilise depuis 30 ans des tests de pression à l’air dans le cadre de leur processus de contrôle de qualité. Un essai d'étanchéité est systématiquement effectué pour chaque cabine qu’ils produisent.

« L’exposition à l’eau lors de la production peut endommager la peinture, les carreaux et les conduites », explique Finn Bjorn-Hansen, directeur des ventes. « Les tests de pression à l’air permettent de nettoyer et de sécher complètement les cabines au moment où nous les expédions. Et comme nous stockons les cabines prêtes à l’expédition à l'extérieur, nous pouvons éviter le risque de conduites gelées lors du stockage. Les essais de pression à l’air nous aident à fournir la qualité supérieure, caractéristique de nos salles de bains préfabriquées."

Modulbad vise à fournir la meilleure qualité sur le marché danois. C’est pourquoi Finn recommande également aux installateurs d’unités Modulbad d'utiliser de l'air pour leurs essais de pression. « Nous considérons qu’il s’agit d’une méthode plus sûre, également pour leur part du travail, lors de l’installation des unités », explique-t-il. « Si les installateurs peuvent réduire le risque de fuites et de dommages causés par l’eau sur le site d’installation, c’est également positif pour notre marque. »


Essais de pression plus faciles dans les grands bâtiments

Aux Pays-Bas, l’utilisation de tests de pression à l'air a fortement augmenté au cours des 20 dernières années, lorsque cette nouvelle méthode d’essai a été introduite, simultanément à l'expansion significative de la taille de nouveaux bâtiments. Eric van der Blom, spécialiste de la plomberie chez Techniek Nederland, l’association commerciale néerlandaise de prestataires de services techniques et installateurs, explique :

« À mesure que les nouveaux bâtiments grandissaient, il devenait tout simplement trop difficile de faire couler chaque semaine de l’eau dans les conduites. Les essais de pression à l’air s'avéraient alors bien plus faciles. Ils peuvent être effectués dans une pièce spécifique du bâtiment, sans devoir retirer les bulles d’air de l’eau. Les essais de pression à l’air permettent de gagner du temps et c’est pourquoi cette méthode gagne en popularité. Aujourd’hui, elle est tellement courante que nous avons décidé de formuler de nouvelles lignes directrices pratiques pour les tests de pression à l'air. »

Les lignes directrices précédentes ne précisaient qu’un seul niveau de pression par essai : 10 bars pour l’eau et 8 bars pour l’air. Les nouvelles lignes directrices pour les essais à l’air exigent que les installateurs testent deux niveaux de pression, à partir de 0,15 bar. À ce niveau de pression, l’installateur se met à détecter d'éventuels raccords non pressés. Le raccord de refoulement Tigris K5/M5 les aide à cet effet. Lors de l'essai de pression, l’installateur entend un sifflement quand on a oublié de refouler un raccord. Une simple pression avec la pince à sertir, et le problème est résolu. Ensuite, si l’installateur est certain que les raccords sont étanches, le niveau de pression est augmenté à 3 bars pour tester la résistance à la pression. »

« Les essais de pression à l’air n'étaient pas toujours été considérés comme sécuritaires en raison de l'essai de 8 bars, mais ils sont devenus bien plus sécuritaires en vertu des lignes directrices actuelles », explique Eric. « Il est plus sûr et plus hygiénique de ne pas faire couler de l’eau dans les installations, notamment pour prévenir la légionellose. Cela permet en outre d’économiser du temps et de l’argent, car il n'est pas nécessaire de faire couler de l'eau sur base hebdomadaire. Tous ces avantages se rejoignent et c’est pourquoi de plus en plus d’installateurs néerlandais préfèrent les tests de pression à l’air. »

Eric dit que les nouvelles directives néerlandaises sont similaires aux directives allemandes, et il s’attend à ce que d’autres pays de l’UE les suivront à leur tour.

* : D’autres protocoles d’essai s’appliquent aux Pays-Bas. Consultez par exemple le Manuel technique Tigris pour plus d’informations.

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