mardi 15 septembre 2020

Bâtir des villes à l’épreuve du changement climatique – Interview de Sacha Stolp, directrice de l’innovation pour le programme Future Proof Assets d’Amsterdam

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit en zone urbaine. Et selon les Nations unies, cela concernera les deux tiers de la population en 2050. Les villes vont devoir s’adapter pour être sûres et durables face aux événements météorologiques extrêmes comme les averses torrentielles et les fortes sécheresses. Les technologies et les partenariats stratégiques joueront un rôle essentiel dans la transformation de nos villes, en les rendant plus vertes et plus vivables. Wavin, avec ses solutions innovantes et son engagement à créer des environnements sains et durables, est prête à s’attaquer à ce défi. Et nous nous entourons des meilleurs. Des pionniers du développement durable comme Sacha Stolp, Directrice de l’innovation pour le programme Future Proof Assets à Amsterdam, mènent « la croisade ». Une croisade qui avance quartier par quartier, ville par ville.

Sacha Stolp – Adapter Amsterdam au changement climatique

Dans le monde entier, les villes font face à des défis de taille : densité démographique, déclin de la biodiversité, montée du niveau de la mer, sécheresse, problèmes énergétiques, inondations causées par la multiplication des averses torrentielles et vieillissement des infrastructures. Les « croisés du climat » comme Sacha Stolp ouvrent la voie. En tant que Directrice de l’innovation pour le programme Future Proof Assets de la ville d’Amsterdam, Sacha consacre tout son temps à une mission unique : adapter la ville au changement climatique et la préparer pour l’avenir d’ici 2050. Mais le temps presse. Sacha veut établir de nouvelles normes – une nouvelle normalité – en travaillant avec des universités, des établissements du savoir et le monde des affaires. Tout cela en un temps limité, parce que l’heure du changement climatique tourne. Elle s’est donc fixé pour mission de préparer la ville actuelle aux conséquences de ce phénomène, en opérant une transition au niveau de l’énergie et des matières premières et en assurant le développement continu d’une ville intelligente. Sacha innove à tout-va. Elle crée des laboratoires vivants pour tester ses innovations en grandeur nature et mène des dizaines de projets pilotes, qui s’articulent autour de 4 axes : villes intelligentes, capacité d’adaptation au climat, fonctionnement circulaire et zones urbanisées et densément peuplées. Wavin collabore avec Sacha sur divers projets pilotes à Amsterdam, et l’a invitée à partager ses connaissances lors d’un événement mondial organisé par la société en janvier 2020.
Dans 100 ans, les Pays-Bas seront un pays de villes vertes, d’agriculture circulaire, et où il y aura plus de forêts, d’eau et de marécages. Ce pays à l’épreuve du changement climatique que je décris n’est pas seulement souhaitable, il est aussi à notre portée.
Les chercheurs Michael van Buuren et Martin Baptist , à Wageningue

Répondre à l’appel pour la résilience – les révélations de Sacha

Si Sacha a décidé de suivre cette voie, ce n’est pas à cause d’un événement isolé, mais suite à une série d’événements, qui a commencé de manière assez anodine.  Lorsque la crise financière de 2008 a éclaté, tout s’est effondré et d’un coup, toutes sortes de friches sont apparues dans la ville. Sacha a d’abord pensé qu’il fallait faire quelque chose de ces terrains abandonnés, comme les rendre temporairement à la nature. Ou y installer un terrain de jeux ou une zone arborée, ou au moins quelque chose de durable et promoteur de lien social. Quand on s’associe à d’autres personnes qui partagent les mêmes idées, on peut obtenir des résultats incroyables. Alors, Sacha a lancé son propre groupe, dont les quatre membres ont chacun apporté trois amis. D’un coup, ils se sont retrouvés à 16. C’est ainsi qu’est né leur mouvement, qu’ils ont baptisé « Ondertussen » (« En attendant »). Le gouvernement néerlandais les a invités à participer à la réaffectation de certaines zones, à plus grande échelle.

Plus tard, Sacha s’est rendue aux États-Unis, où elle a rencontré Don Hutson de The Cowboy Solution, Celui-ci l’a invitée à une formation avec des chevaux (« Libérer le potentiel humain »). À cette occasion, Don a insisté sur ce qu’il appelle le « rythme de la confiance ».  Il lui a expliqué comment écouter vraiment et communiquer pour déclencher de véritables actions et obtenir de vrais résultats.  Passionnée par les solutions durables et motivée par l’expérience acquise auprès de Don Hutson, Sacha est passée à des projets de plus grande envergure comme le projet de Zuidas (une zone de développement urbain située au sud d’Amsterdam). En réussissant à convaincre de gros promoteurs de s’engager à végétaliser les toits de leurs bâtiments, elle est finalement devenue une pionnière pour Amsterdam et la principale source d’innovation pour l’émergence d’une ville à l’épreuve du changement climatique et prête pour le futur.

L’anatomie des villes

Les villes se ressemblent toutes plus ou moins, y compris Amsterdam. Ce sont simplement des regroupements d’habitants, aux besoins communs : vivre, travailler, aimer, apprendre et se détendre. Notre principal défi actuel consiste à changer notre manière de penser, à nous adapter au changement climatique et aux besoins d’un nombre croissant d’habitants.

Plusieurs villes à travers le monde font figure de pionnières en matière de résilience climatique. Selon Sacha, Vancouver, en Colombie-Britannique (Canada), en est un exemple éclatant. Là-bas, ils prennent la gestion locale de l’eau (son stockage) très au sérieux. Vancouver a fait partie des premières villes à élaborer sa stratégie « bleu-vert ». Dans tous les projets de la ville, la commune implique les Premières Nations (les premiers habitants de la Colombie-Britannique). Elle défend ainsi sur la durée les intérêts de ces populations, de la nature et des saisons elles-mêmes. Elle apporte donc une perspective nouvelle et intéressante sur la stratégie bleu-vert de la ville et sa planification. Le fait de collaborer avec des acteurs essentiels (dont font partie les Premières Nations) ouvre des possibilités pour l’adaptation au changement climatique et sa mise en œuvre. Tout est dans le lien que nous établissons avec les divers acteurs en présence. Il faut aussi, en tant qu’équipe, mettre sur la table toutes les questions à résoudre pour bâtir les villes du futur auxquelles nous aspirons. Et encore une fois, on commence par un petit pas. Sacha pense qu’il faut procéder quartier par quartier, jusqu’à inclure toute la ville dans un système circulaire, à l’épreuve du climat, salubre et sûr.

Nous devons préparer nos infrastructures au futur et établir de nouvelles normes. Dans cette optique, il faut se poser la question suivante : comment créer des solutions qui dureront malgré la tendance à l’urbanisation, la pénurie de matières premières, les changements climatiques et la transformation numérique ? Tout ça avant la fin de ma carrière ! Je vais y travailler pendant 30 ans, et dans 30 ans, nous serons en 2050 ! Nous serons alors dans un monde entièrement nouveau. Nous saurons nous adapter au climat et aurons un fonctionnement circulaire, neutre en carbone, prêt pour le futur et intelligent. Je pense qu’en 2040, toutes ces questions (et celles que nous nous posons maintenant) auront complètement changé.
Sacha Stolp

En attendant, à Amsterdam …

La ville d’Amsterdam a une vision de long terme, avec comme objectif final en 2050 de devenir une ville capable de s’adapter aux conditions climatiques, circulaire, neutre en carbone et prête pour le futur. La tâche est immense, mais Sacha et son équipe s’y attaquent sans relâche au moyen de solutions progressives. Changer le système dominant actuel peut s’avérer difficile, car le changement est parfois difficile à accepter.  Mais en permettant et en encourageant la collaboration et la responsabilité parmi les acteurs du projet, on peut rassurer et lever la résistance aux nouvelles idées et solutions. Pour y parvenir, on peut évoquer certaines initiatives phares qui ont réussi, montrer comment on peut leur donner une autre dimension et insister sur le rôle que chaque personne ou chaque groupe peut jouer.
Amsterdam fait partie des quatre plus gros acheteurs de produits de génie civil aux Pays-Bas. La ville réserve 10 % de son budget annuel aux projets pilotes et au lancement de solutions clients comme par exemple la nouvelle rigole Tegra de Wavin. Les conséquences du réchauffement climatique – averses torrentielles, chaleur extrême et sécheresse – posent aux villes d’immenses défis. La conception et le développement de cette rigole s’intègrent dans l’ambition de Wavin de créer des villes à l’épreuve du changement climatique, vivables et agréables. Wavin prévoit d’en installer plusieurs à Amsterdam, avec un système de contrôle des débordements qui récupère l’eau de pluie pour irriguer les arbres. Soit dit en passant, la rigole de Wavin est entièrement à base de matière recyclée.
Sacha parcourt le monde à la recherche de nouvelles solutions qui pourraient convenir à Amsterdam. Toutefois, elle pourrait souligner avec fierté le fait qu’à l’inverse, plus de 150 urbanistes ont été dépêchés à Amsterdam pour apprendre ce que la récupération de l’eau de pluie peut apporter à leurs propres villes.  À Amsterdam, les toits représentent une surface totale de 12 millions de mètres carrés. Dans l’un des projets phares d’Amsterdam (Resilio), 10 000 m² de toits sont maintenant équipés d’un système intelligent d’évacuation interactive. Lorsqu’il pleut, l’eau est évacuée des toits, mais progressivement, sinon les inondations recommenceraient. Ce système combinant évacuation et récupération de l’eau équipera à terme tous les bâtiments d’Amsterdam.

Puissance du lien personnel et urgence de l’action

Notre existence repose sur les liens que nous entretenons. Nos villes étant de plus en plus peuplées, établir un lien avec leurs habitants revêtira une importance grandissante. De plus en plus, nous constatons l’influence de notre vie professionnelle sur notre vie personnelle, et vice versa. Plus les villes comme Amsterdam s’orienteront vers leurs objectifs pour 2050 – résilience aux conditions climatiques, fonctionnement circulaire et préparation pour l’avenir –, plus elles comprendront à quel point leurs initiatives sont en rapport avec les défis que les populations du monde entier doivent relever. Ces défis concernent notamment l’eau potable et sûre, l’assainissement et l’hygiène, la résilience face au changement climatique et la performance des bâtiments. Chef de file et pionnier dans ce secteur, Wavin met ses clients et décideurs au défi d’accepter de nouvelles idées, de nouvelles méthodes, des solutions nouvelles (et plus performantes) pour bâtir des villes et des communautés où il fait bon vivre.
Et pour la ville d’Amsterdam, pour toutes les choses et les personnes auxquelles elle tient, Sacha œuvre dans ce sens.
N’ayons pas peur des défis. Ensemble, essayons d’anticiper sur notre responsabilité actuelle. Gravissons la montagne qui nous mène aux questions de demain. Commençons par nous poser des questions. Osez franchir le pas, surtout si vous disposez d’un esprit novateur et que vous vous en sentez l’énergie. Acceptez le risque. C’est comme en cuisine : si vous mangez tout le temps le même plat, vous aurez du mal à devenir végétarien du jour au lendemain. Mais vous pouvez essayer petit à petit, pour voir si ça vous plaît. Vous initiez le changement. Étendre sa palette de goûts est toujours un enrichissement en soi.